CAMPUS MEETING JAZZ – LUNDI DE PAQUES 17 AVRIL 2017 -

Joyeuses Pâques

Joyeuses Pâques !

Pas de Campus Meeting Jazz lundi de Pâques 17 avril.

L’équipe de Campus Meeting Jazz est en vacances.

On se retrouvera lundi 24 avril à 19 heures avec « Les petites formations de jazz des années 30 aux années 60  »

« Campus Meeting Jazz is really 100% Jazz Music only ! »


CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°29 2016-2017 « DU RHYTHM AND BLUES AU JAZZ… UNE CONTINUITE ? » – 10 AVRIL 2017

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Un genre qui réconcilie le jazz et la danse


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Le « Rhythm and blues » est un genre populaire de la musique afro-américaine apparu dans les années 1940. Ce genre mêlait à son point de départ des éléments issus du gospel, du blues et du jazz. Au début des années 1950, le terme va s’appliquer au blues puis, dans les années 1960, avec l’apparition du « blues électrique », le terme fera référence à une musique rythmée hyper amplifiée , dans les années 1970, on parlera de « funk », enfin dans les années 1980 et jusqu’à ce jour, le terme regroupera les éléments du « funk », du « hip-hop », de la « dance » et de la « pop »…

En ce qui concerne maintenant les passerelles entre le rhythm and blues et le jazz, le sujet qui nous préoccupe, on préférera parle pour les définir, de « Jump blues ». Qu’est-ce que le Jump blues ? Le « Jump Blues » se caractérise d’abord par un tempo élevé dans les big bands de l’époque swing, il s’agit ensuite d’un tempo qui est accompagné de vocaux syncopés et énergétiques avec des instruments de musique amplifiés comme la guitare électrique, un saxophone ténor souvent « hurleur », enfin une batterie omniprésente. Les musiciens importants de ce courant ont d’abord été Wynonie Harris, Louis Jordan, Big Joe Turner…

Le Jump Blues sera lancé par de grands orchestres comme ceux de Lionel Hampton et de Lucky Millinder. On cite aussi des musiciens comme Jack McVea, Earl Bostic, Arnett Cobb. C’est effectivement Lionel Hampton qui fera apparaître le premier big band « blues » dans les années 1940 avec son fameux « Flying Home », célèbre « race record » de 1942, avec sa partie de saxophone due à Illinois Jacquet. D’autres artistes ont pris la relève du genre comme Jackie Brenston, Roy Brown, Tiny Grimes, Johnny Otis, Smiley Lewis, T Bone Walker, Joe Liggins, Paul Williams et bien d’autres…

La réponse à la question posée dans le titre de cette émission paraît donc évidente. Le jazz, en se réinscrivant dans son style premier qui était celui de la danse, a bien su démontrer la continuité entre le rythme et un jazz « décomplexé ».

Pour découvrir le « Jump Blues »… « High Heel Sneakers » par Johnny Otis / « Flying Home » par Lionel Hampton / « Flamingo » par Earl Bostic / « Smokey Joe’s Cafe » par the Robins / « Fast Track » par Earl Bostic / « Shotgun » par Junior Walker / « Bootsie » par Bull Moose Jackson / « Do The Boomrang » par Junior Walker / « Rock Around The Clock » par Hal Singer / « Rockin’ All Days » par Jimmy McCracklin / « Well Oh Well » par Tiny Bradshaw / « We Love To Boogie » par Dizzy Gillespie, Freddy Strong & John Coltrane / « No No Baby » par Fats Domino / « My Real Gone Rocket » par Jackie Brenston / « Jumpin’ In The Morning » par Ray Charles / « Bear Cat » par Rufus Thomas

Pas de Campus Meeting Jazz le 17 avril en raison du Lundi de Pâques

Le 24 avril : Les petites formations de l’histoire du jazz

Bonnes Fêtes de Pâques

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°28 2016-2017 « MILES DAVIS AND THE MODERN JAZZ GIANTS » – 03 AVRIL 2017

Miles Davis et the Modern Jazz Giants
La pochette du disque avec the Modern Jazz Giants


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Les « Modern Jazz Giants » avec Miles Davis, ont enregistré deux albums « hard bop » lors de trois sessions qui se sont déroulées dans les studios Van Gelder à Hackensack dans le New Jersey, respectivement, le 24 décembre 1954, le 29 juin 1954 et le 26 octobre 1956. Les deux prises de « Bags’ Groove », les deux prises de The Man I Love, Swing Spring, Bemsha Swing, ont lieu le 24 décembre avec Miles Davis, trompette Milt Jackson, vibraphone Thelonious Monk, piano Percy Heath, contrebasse Kenny Clarke, batterie. Le 29 juin 1954 sont enregistrés Airegin, Oleo, But not for me (deux prises), Doxy avec Miles Davis, trompette Sonny Rollins, saxophone ténor Horace Silver, piano Percy Heath, contrebasse Kenny Clarke, batterie. Enfin, le 26 octobre 1956 est enregistré Round Midnight avec Miles Davis, trompette John Coltrane, saxophone ténor Red Garland, piano Paul Chambers, contrebasse Philly Joe Jones, batterie.

La petite histoire nous dit que l’entente entre Miles Davis et Thelonious Monk est loin d’être harmonieuse lorsqu’ils se trouvent en studio. Alors que Miles est quant à lui, à la recherche d’un « beau son », Monk, adepte du style et de la gamme modal dont la connotation est africaine, n’est pas intéressé, à l’inverse de Miles, à rechercher la pureté dans le style. Il est par excellence un frondeur. Miles, visiblement agacé par l’attitude de son pianiste, lui demande lors de la deuxième prise de « The Man I Love », de ne pas l’accompagner et de laisser la place à Milt Jackson dont le style est très proche du trompettiste. Monk est furieux. Certains musicologues prétendent même que Miles et lui en seraient venus aux mains dans le studio. Miles a, dans son autobiographie, démenti cette assertion. Cela dit, face au géant Monk d’un mètre 90 pour 100 kilos, Miles n’aurait pas eu le dessus ! On dit que Monk aurait décidé de se venger en s’arrêtant brusquement de jouer lors de la paraphrase du thème de « The Man I Love » qu’il avait entamée. . Il y a effectivement un « blanc » de douze mesures qui dure 10 secondes interminables ! Le blanc en question est interrompu subitement par la trompette Miles qui, jouant quelques notes, rappelle à l’évidence Monk à l’ordre en lui disant à peu près ceci… « Qu’est ce que tu fais ? Tu joues ou pas ?… » Ce n’est qu’à ce moment que Monk se remet à jouer, magnifiquement d’ailleurs.La petite histoire dit que « Monk vexé d’avoir été remplacé par Milt Jackson, se serait arrêté volontairement de jouer pour marquer sa mauvaise humeur ». Un caprice de star ! Il faut cependant rappeler que, fréquemment, lorsqu’il était en concert, il lui arrivait subitement de s’arrêter de jouer, de se lever de son piano pour entamer sur scène quelques pas de danse sous le regard surpris des spectateurs.

The Modern Jazz Giants : The Man I Love (take 2) 1954 / Round Midnight 1956 / Bags’ Groove (take 1) 1954 / Airegin 1954 / Oleo 1954 / But Not For Me 1954 / Doxy 1954

La semaine prochaine nous nous interrogerons sur « la manière dont la musique populaire américaine est passée du rhythm and blues au jazz ».

Bonne semaine à tous.

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°27 2016-2017 « KING CURTIS… UN MUSICIEN DE JAZZ ?  » – 27 MARS 2017

King Curtis
Le saxophoniste soul et jazzman King Curtis


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Dans les années soixante, le saxophone de King Curtis donne un réel relief aux enregistrements de la firme Atlantic qui emploie notamment la chanteuse Aretha Franklin avec qui il jouera en scène dans les années soixante-dix. Saxophoniste et compositeur, de son vrai nom Curtis Ousley, il est né à Fort Worth au Texas le 7 février 1934. Il jouera après ses études dans l’orchestre de Lionel Hampton. C’est à New York qu’en 1952 il devient un musicien réputé de séance. En solo il enregistrera un certain nombre de faces de jazz pour la firme Prestige. En 1954 il participe au trio d’Horace Silver et en 1961, il joue avec Wynton Kelly et Nat Adderley, deux « grands » du jazz. En 1966 il se produit au Small’s Place dont sortira un enregistrement « King Curtis Live at Small’s Place » avec Cornell Dupree à la guitare et une photo de pochette de disque prise par le grand photographe Lee Friedlander qui commençait sa carrière en faisant des clichés des musiciens de jazz. Le 17 juin 1971 King Curtis est au Festival de Montreux avec Champion Jack Dupree au piano. Une séance mémorable qui met en valeur les qualités de jeu du saxophoniste et du pianiste. Dans cette émission de « Campus Meeting Jazz » intitulée « King Curtis… un musicien de jazz ? » seules les faces qui répondent aux critères de la musique de jazz, sont diffusées afin que l’auditeur puisse apprécier un musicien qui savait à la fois jouer dans le style le plus authentique du rhythm and blues et en même temps, dans le plus pur style du jazz bop. King Curtis se fait tuer devant son appartement dans une dispute sur la 86ème Rue West à Manhattan, New York, le 13 août 1971. Il avait 37 ans.

More Juice with Lionel Hampton 1960 / Hearts of stone with Teddy Randazo 1961 / Soul Meeting with Nat Adderley 1960 / All the Way with Nat Adderley 1960 / The Shadow of your Smile live, the Small’s Paradise Harlem 1966 / Something on your Mind live, the Small’s Paradise Harlem 1966 / Poor Boy Blues with Champion Jack Dupree Montreux 1971 / Memphis Soul Stew The Fillmore West 1971 / Ode to Billy Joe The Fillmore West 1971 / Ain’t nobody business record : « Trouble in mind » 1961.

La semaine prochaine : « Miles Davis en 1954 avec The Modern Jazz Giants »

Bonne semaine à toutes et tous

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N° 26 2016-2017 « JONI MITCHELL… UNE PASSION POUR LE JAZZ ?  » 20 MARS 2017

Joni Mitchell
Joni Mitchell jeune… Une « vraie » chanteuse de Jazz ?


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Joni Mitchell, une authentique chanteuse de folk, a -t- elle sa place dans le milieu du jazz ? Pour celles et ceux qui sont attachés aux styles, aux chapelles, la réponse à cette question est un « non » sans hésitation. Et pourtant… alors qu’elle a atteint le vedettariat après 1968, elle se découvre dans le milieu des années soixante-dix une attirance pour le jazz avec notamment un album « Mingus » dédié à Charles Mingus qui vient de mourir, elle collabore avec des musiciens de la planète jazz comme Jaco Pastorius, Stanley Clark, John McLaughlin, Gerry Mulligan ou Pat Metheny.

Joni Mitchell, de son vrai nom Roberta Joan Anderson, est une canadienne née le 7 novembre 1943 à Fort MacLeod à Alberta. Elle suit d’abord des cours aux Beaux-arts pour devenir peintre puis, tombant sur une méthode de guitare écrite par Pete Seeger, elle décide de se consacrer à la guitare et à la musique folk. En juin 1965, elle épouse le chanteur de folk Chuck Mitchell, avec qui elle se produit en duo dans les clubs de Toronto, Detroit, New York, Philadelphie. En 1967, après qu’ils se soient quittés, elle s’installe définitivement à New York où elle joue au « Cafe A Go Go » de Greenwich Village. Elle écrit alors des succès pour Tom Rush, Buffy Sainte-Marie, Judy Collins qui connaîtra la gloire avec « Both Sides Now », un titre repris par Frank Sinatra, Bing Crosby, Neil Diamond, Pete Seeger et… une bonne centaine d’artistes dans le monde.

Joni Mitchell, installée à Los Angeles, publie son premier LP en mars 1968 « Songs To A Seagull », un album qui la révélera au grand public. L’année suivantealors qu’elle a choisi Laurel Canyon, elle publie son second album, « Clouds » dans lequel émerge la chanson « Woodstock ». Depuis l’album « Mingus » de 1979, elle est restée profondément attachée au jazz grâce d’abord aux musiciens, ensuite grâce à un répertoire qu’elle a choisi de rendre jazzy le plus possible.

Joni Mitchell et le jazz : « Goodbye Pork Pie Hat » album « Mingus » « The Dry Cleaner from Des Moines » version live 1979 avec Jaco Pastorius « God Must Be A Boogie Man » album « Mingus » « All I Want » album « Blue » « One Week Last Summer » album « Shine » « Hana » album « Shine » « Night of the Iguana album « Shine » « If » album « Shine » « Shine » album « Shine » « The Dry Cleaner from Des Moines » version studio album « Mingus ».

La semaine prochaine : « King Curtis ? Un saxophoniste de jazz ? »

Bonne semaine

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N° 25 2016-2017 « LE BLUES ET LE GOSPEL CHEZ LITTLE RICHARD » – 13 MARS 2017

Little Richard
Little Richard… Héros du rock, du blues et du gospel


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Little Richard avait ce magnétisme sur les foules qui manquait à Bill Haley. « Little Richard » n’est bien sûr qu’un surnom. Il s’appelle en réalité Richard Wayne Penniman. Il est né le 5 décembre 1932, dernier né d’une famille de 14 enfants, il commença à gagner de l’argent à l’âge de sept ans dans les rues de Macon, sa ville natale de Georgie. Dès qu’il avait un ou deux $, il courait prendre des leçons de piano et, à l’âge de 14 ans, il jouait déjà du piano dans la chorale d’un temple de Macon. On le surnommait « War Hawk » (« Faucon de guerre ») tant il mettait de la fureur dans sa ferveur religieuse. Son succès lors d’un crochet radiophonique à Atlanta en 1951, lui permit d’enregistrer quatre 78 tours pour R.C.A. Il s’agit de morceaux bluesy à la Roy Brown. Mais il n’aimait pas ces vieux 78 tours car il craignait, disait-il, de les casser.

Il préférait ses faces Specialty de 1955 et 1957. La firme Specialty cherchait à l’époque un chanteur pour concurrencer le Ray Charles de « I got a woman » et croyant l’avoir trouvé en la personne de Little Richard, le directeur artistique Bumps Blackwell racheta le contrat de Little Richard à Peacock pour 600 dollars ! On lui posta un billet d’avion pour Hollywood. La première séance eut lieu aux J & M Studios, à la Nouvelle-Orléans le 14 septembre 1955. Richard enregistra une demi-douzaine de rhythm and blues sophistiqués. Il est entouré des meilleurs musiciens de la Nouvelle-Orléans, le batteur Earl Palmer, le bassiste Frank Fields, les saxophonistes Red Tyler et Lee Allen.

Puis entre 1956 et 1957 Little Richard enregistra toute une série de 45 tours qui montèrent tous au hit parade ! Quand Good Golly Miss Molly monta au Top 10 anglais en mars 1958 , Little Richard avait déjà abandonné le show business en jetant une bague en or dans le port de Sydney en Australie en faisant vœu de ne plus chanter cette « musique de démons » qu’était devenu pour lui le rock and roll. Dans l’anonymat, simple chanteur du groupe « The Upsetters », il sortira deux 45 tours en 1962 avec le groupe « The Upsetters » avec deux titres bien connus de Fats Domino : « Valley of tears » et, « I‘m in love again ». C’est dès 1960 qu’il se lancera dans le gospel avec Mahalia Jackson et Sister Rosetta Tharpe. Il est devenu depuis prédicateur et, s’est totalement axé sur cette production.

On écoute… Freedom Blues / Lovesick Blues / Get rich quick / Why did you leave me ? / Taxi Blues / Every hour / Please have mercy on me / Directly from my heart / Milky white way / I’ve just come from the fountain / Need him / Just a closer walk with thee / Does Jesus care / Precious Lord / Valley of tears / The Saints (go marchin’ in)

La semaine prochaine « Joni Mitchell, chanteuse de jazz ? »

Bonne semaine

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°24 2016-2017 « LE PUISSANT BATTEUR, CHEF D’ORCHESTRE DE DANSE, CHICK WEBB » – 06 Mars 2017

Chick Webb
Le grand batteur et champion du swing Chick Webb


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William Henry « Chick » Webb , batteur et chef d’orchestre américain, est né à Baltimore dans le Maryland en 1909, il décéde le 16 juin 1939 dans la même ville. Nain et bossu, passionné par la batterie, il tape déjà, dès l’âge de trois ans, sur toutes sortes d’ustensiles, notamment de cuisine, ou sur des boîtes en fer en raison de sa passion enfantine pour le rythme ! A neuf ans, il s’échine à vendre des journaux dans les rues de Baltimore pour se payer sa batterie. En 1924 à New York, Duke Ellington le remarque et se prend d’amitié pour lui. Il le fera ainsi embaucher en 1926 – il n’a que 17 ans – au Black Bottom Club puis au Paddock Club de New York. Chick Webb joue à l’époque avec Johnny Hodges et le trompettiste Bobby Stark. En 1930, il devient la vedette du Savoy Ballroom, le principal dancing de Harlem. Il anime alors un très grand orchestre de danse avec des musiciens aussi remarquables que les trompettistes Taft Jordan ou Bobby Stark, les trombonistes Sandy Williams, Claude Jones, les saxophonistes Hilton Jefferson et surtout, le déjà talentueux Louis Jordan, le bassiste John Kirby. Le répertoire s’enrichit en 1934 d’arrangements d’Edgar Sampson comme le fameux « Stompin’ At The Savoy » qui deviendra l’indicatif de l’orchestre ou, « Blue Lou ». La rencontre avec Ella Fitzgerald en 1935 – elle n’a que 17 ans – sera décisive car elle lui apportera des hits fabuleux comme « A Tisket, A Tasket » en 1938. Il meurt peu après en 1939, au faîte de sa gloire, d’une tuberculose osseuse. Teddy McCrea reprendra le grand orchestre de Chick Webb après sa disparition, ce jusqu’en 1942 et, avec toujours Ella Fitzgerald.

Chick Webb était un artiste au tempo explosif avec un jeu puissant qui dominait l’orchestre en jouant des sonorités sur les caisses et les cymbales, le tout dans un swing parfait qui charmait naturellement les danseurs. Il eut de l’influence sur des artistes comme Sid Catlett, Jo Jones, Cozy Cole ou Gene Krupa. Il fut plus un accompagnateur qu’un soliste car son orchestre était d’abord selon sa conception, un orchestre de danse.

Découvrir Chick Webb… « Stompin’ at The Savoy » / « Blue Minor »/ « Blue Lou » / « Just a Simple Melody » / « Liza » / « Breaking ‘Em Down » / « Heebie Jeebies » / « On the Sunny Side of the Street » / « Clap hands ! Here comes Charley » / « I Got a Guy » / « A Tisket, A Tasket » / « Heart of Mine » / « I’m just a Jitterbug » / « Rock it for me » / « Everybody Step »

La semaine prochaine « Little Richard entre gospel et blues ! »

Bonne semaine

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°23 2016-2017 « LE SAXOPHONISTE ET ARRANGEUR KAMASI WASHINGTON  » – 27 FEVRIER 2017

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Kamasi Washington déjà prodige du saxophone ténor


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Kamasi Washington est né le 18 février 1981 à Los Angeles. Fils d’enseignants de musique, il est élevé à Inglewood en Californie. Il est diplômé de l’Alexander Hamilton High School de Los Angeles. Etudiant en Ethnologie de la musicologie à l’Université de Californie, il a été amené à rencontrer des musiciens de jazz prestigieux comme Kenny Burrell, Billy Higgins ou le célèbre chef d’orchestre et arrangeur de la Côte Ouest, Gerald Wilson avec qui, notamment, il commencera à jouer en sideman. En 2004 avec de jeunes musiciens comme Cameron Graves, Stephen Bruner et Ronald Bruner, il réalise l’album « Young Jazz Giants » à l’image du « Modern Jazz Giants » de Miles et Monk cinquante ans auparavant. Il jouera par la suite avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Gerald Wilson, Lauryn Hill, George Duke, la chanteuse Chaka Khan, le chanteur et guitariste néo soul Raphael Saadik…

Paraîtront, en 2007 l’album « The Proclamation », en 2008 l’album « Light of the World ». En 2015 son album « The Epic » connaîtra un immense succès aux Etats-Unis comme en Europe. Il sera classé troisième à « l’U.S. Billboard Jazz Albums » !

A l’écoute ce soir… Découvrir Kamasi Washington. « Going up Yonder » album Light of the World 2008, « Fair As Equal » album The Proclamation 2007 / « Final Thought » album The Epic 2015 / « The Rhythm Changes » album The Epic 2015 / « Henrietta Our Hero » album The Epic 2015 / « Back To Form » album Throttle Elevator Music IV 2016 / « Gibraltar Road » album Throttle Elevator Music IV 2016

La semaine prochaine : Le « jeune » drummer Chick Webb et son orchestre

Bonne semaine

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°22 2016-2017 « LE PIANISTE, CHANTEUR ET ARRANGEUR LES MCCANN » – 20 FEVRIER 2017

Les McCann

Les McCann aujourd’hui. Un homme heureux devant son clavier


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Né le 23 septembre 1935 à Lexington dans le Kentucky, Les McCann est un parfait musicien autodidacte qui prit en tout et pour tout quatre leçons de piano auprès d’une vieille dame qui vivait dans son quartier et qui mourut avant la cinquième. Au début des années cinquante, il quitte le Sud, appelé dans la Marine. Il se retrouve à San Francisco où il a l’occasion de fréquenter les clubs de jazz de la ville, il découvre ainsi Miles Davis et, Erroll Garner qui deviendra rapidement son modèle. Démobilisé de l’Armée sur place, il décide de déménager pour Los Angeles et signe un contrat d’enregistrement avec Pacific Jazz Records. En 1959, il accompagne le chanteur Eugene McDaniels puis, il constitue un trio, le « Les McCannn Limited » avec le batteur et flûtiste Ron Jefferson, un musicien talentueux de la Côte Ouest peu connu en France, qui créera par la suite le « Ron Jefferson Choir » en 1965. Les McCann enregistrera énormément entre 1960 et 1964. Ses premiers albums, « Plays the truth », « The Shout » et surtout, « Compared to What » sont des succès commerciaux. Au début des années 1960, venu à New York, il joue dans les Clubs new-yorkais tels le Village Gate ou le Village Vanguard. Il commence à ce moment, en trio, à chanter en même temps qu’il joue du piano. En 1961 il participe pour la première fois en Europe, au Festival d’Antibes Juan-les-Pins où il partage la scène avec Ray Charles, dont il s’inspirera plus tard et Count Basie. En 1962 il est à nouveau en Europe avec Zoot Sims et le guitariste Charlie Byrd. En 1969 il est à Montreux, il y retournera en 1972. Il va dès lors s’éloigner quelque peu du jazz en enregistrant en Californie avec des synthétiseurs qui le feront s’approcher de la musique de variétés. Artiste dans l’âme, il s’adonne également à la photographie. Il fera ainsi quelque 8 000 photos de musiciens au fil des ans. Il est aussi, à ses heures, un aquarelliste talentueux qui adore représenter les fleurs. Dans le domaine musical, on lui doit d’avoir parrainé les chanteurs Roberta Flack et Lou Rawls, le pianiste Monty Alexander qui viendra lui-même à Montreux en juillet 1976, enfin, le regretté organiste Richard « Groove » Holmes.

Découvrir Les McCann…But not for me 1960 / C Jam Blues 1960 / How high the Moon 1960 / You got in your soulness 1969 / Compared to what 1972 / Cochise 1972 / Price you gotta pay to be free 1972 / A little 3/4 for God & Co 1960

La semaine prochaine « Kamasi Washington, Saxophoniste Ténor »

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°21 2016-2017 « LE PIANISTE EARL HINES » – 13 FEVRIER 2017

Earl Hines
Earl Hines à son piano


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Il n’est pas exagéré de dire qu’Earl Hines fut le père de tous les pianistes de jazz, y compris les plus modernes. Jusqu’à sa mort en 1983, il parcourt toutes les scènes du monde, toujours aussi jeune, toujours aussi inventif. Kenneth « Fatha » Hines est un pianiste, chanteur et compositeur né à Duquesne en Pennsylvanie le 28 décembre 1903 et mort le 22 avril 1983 à Oakland en Californie. Il commence dans sa jeunesse par jouer du cornet puis il se découvre une véritable passion pour le piano à l’âge de neuf ans. Il commence avec son orchestre ses débuts professionnels à Pittsburgh en 1922. Il n’a que 19 ans. Il joue à Chicago avec le violoniste Vernie Robinson puis il intègre les orchestres de Sammy Stewart, Louis Armstrong en 1927 dans le second Hot Five qui aura une influence déterminante sur son jeu, de Jimmy Noone. Il grave en 1928 des faces de 78 tours mémorables avec Louis Armstrong dont le fameux « West End Blues ». Il forme par la suite un grand orchestre qu’il conserve jusqu’en 1947. Il se produit au « Grand Terrace » de Chicago, un établissement où même les serveurs étaient armés et dont l’employeur de Hines était un certain Al Capone. De futures grandes figures du jazz vont défiler dans l’orchestre : Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Bennie Green, Sarah Vaughan, Wardell Gray.

Il est au Festival de Nice en février 1948 avec Louis Armstrong et son All Stars, invité par Hugues Panassié. C’est le tout premier Festival du genre en France. A quarante-cinq ans il clame sa joie lorsqu’il contemple la Tour Eiffel ! Il participe à cette époque à différents orchestres de jazz dont celui de Jack Teagarden, avec qui il visitera l’Europe en 1957. En 1966, une grande tournée l’amène eu URSS et aux Etats-Unis. Il participe en 1968 à « la Jazz Expo de Londres ». Il se produit dans ces années soit en solo soit en quartette. En octobre 1970 il participe à la tournée annuelle organisée par George Wein, le « Newport in Paris » qui laissera de bons et mauvais souvenirs. Parmi ceux-là, l’incroyable goujaterie du public français qui hua la magnifique Anita O’Day pour mieux faire un triomphe à un Mingus pourtant en toute petite forme. Earl Hines en profitera pour enregistrer en studio en décembre de la même année de belles faces dont ce magnifique « Them there eyes » de Maceo Pinkard, enregistré en 1931 par Armstrong et en 1939 par Billie Holiday et, « Snugly but ugly » qui permet d’apprécier une magnifique ligne de basse.

On a souvent écrit qu’Earl Hines avait été le créateur du « style piano-trompette » dans l’orchestre de Louis Armstrong. Hines dit de lui-même « qu’il a commencé à jouer du piano selon la façon d’une trompette ». Il rompt très vite avec les pianistes de style « stride » tels James P. Johnson, Willie « the Lion » Smith ou Fats Waller. Alors qu’à cette époque, il a un jeu de main gauche très syncopé, il énonce parallèlement à la main droite des phrases très riches ponctuées de trémolos serrés. Ses conceptions de compositeur l’amènent à privilégier un jeu au piano inventif et fondamentalement créateur qui le font se rapprocher d’orchestres comme ceux de Count Basie ou de Jimmy Lunceford avant que n’arrive la déferlante « bebop ».

Moderne en 1928, il conservera cette même jeunesse au cours des années quatre-vingt.

A Monday Date avec Louis Armstrong et son Hot Five N.2 1928 / West End Blues avec Louis Armstrong et son Hot Five N.2 1928 / Four or Five Times avec Jimmy Noone à l’Apex Club de Chicago 1928 / Maple Leaf Rag de Scott Joplin avec le grand orchestre d’Earl Hines 1934 / Blue avec le grand orchestre d’Earl Hines 1935 / Boogie Woogie on St. Louis Blues 1960 / Willow Weep for Me 1960 / Rosetta piano solo 1960 / Black and Tan Fantasy 1966 / Muskrat Ramble 1957 / Them There Eyes 1970 / Snugly but Ugly 1970 / Almost like Being in Love 1970

La semaine prochaine « Le pianiste et chanteur Les McCann »

Jean Claude

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