CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N° 26 2016-2017 « JONI MITCHELL… UNE PASSION POUR LE JAZZ ?  » 20 MARS 2017

Joni Mitchell
Joni Mitchell jeune… Une « vraie » chanteuse de Jazz ?


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Joni Mitchell, une authentique chanteuse de folk, a -t- elle sa place dans le milieu du jazz ? Pour celles et ceux qui sont attachés aux styles, aux chapelles, la réponse à cette question est un « non » sans hésitation. Et pourtant… alors qu’elle a atteint le vedettariat après 1968, elle se découvre dans le milieu des années soixante-dix une attirance pour le jazz avec notamment un album « Mingus » dédié à Charles Mingus qui vient de mourir, elle collabore avec des musiciens de la planète jazz comme Jaco Pastorius, Stanley Clark, John McLaughlin, Gerry Mulligan ou Pat Metheny.

Joni Mitchell, de son vrai nom Roberta Joan Anderson, est une canadienne née le 7 novembre 1943 à Fort MacLeod à Alberta. Elle suit d’abord des cours aux Beaux-arts pour devenir peintre puis, tombant sur une méthode de guitare écrite par Pete Seeger, elle décide de se consacrer à la guitare et à la musique folk. En juin 1965, elle épouse le chanteur de folk Chuck Mitchell, avec qui elle se produit en duo dans les clubs de Toronto, Detroit, New York, Philadelphie. En 1967, après qu’ils se soient quittés, elle s’installe définitivement à New York où elle joue au « Cafe A Go Go » de Greenwich Village. Elle écrit alors des succès pour Tom Rush, Buffy Sainte-Marie, Judy Collins qui connaîtra la gloire avec « Both Sides Now », un titre repris par Frank Sinatra, Bing Crosby, Neil Diamond, Pete Seeger et… une bonne centaine d’artistes dans le monde.

Joni Mitchell, installée à Los Angeles, publie son premier LP en mars 1968 « Songs To A Seagull », un album qui la révélera au grand public. L’année suivantealors qu’elle a choisi Laurel Canyon, elle publie son second album, « Clouds » dans lequel émerge la chanson « Woodstock ». Depuis l’album « Mingus » de 1979, elle est restée profondément attachée au jazz grâce d’abord aux musiciens, ensuite grâce à un répertoire qu’elle a choisi de rendre jazzy le plus possible.

Joni Mitchell et le jazz : « Goodbye Pork Pie Hat » album « Mingus » « The Dry Cleaner from Des Moines » version live 1979 avec Jaco Pastorius « God Must Be A Boogie Man » album « Mingus » « All I Want » album « Blue » « One Week Last Summer » album « Shine » « Hana » album « Shine » « Night of the Iguana album « Shine » « If » album « Shine » « Shine » album « Shine » « The Dry Cleaner from Des Moines » version studio album « Mingus ».

La semaine prochaine : « King Curtis ? Un saxophoniste de jazz ? »

Bonne semaine

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N° 25 2016-2017 « LE BLUES ET LE GOSPEL CHEZ LITTLE RICHARD » – 13 MARS 2017

Little Richard
Little Richard… Héros du rock, du blues et du gospel


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Little Richard avait ce magnétisme sur les foules qui manquait à Bill Haley. « Little Richard » n’est bien sûr qu’un surnom. Il s’appelle en réalité Richard Wayne Penniman. Il est né le 5 décembre 1932, dernier né d’une famille de 14 enfants, il commença à gagner de l’argent à l’âge de sept ans dans les rues de Macon, sa ville natale de Georgie. Dès qu’il avait un ou deux $, il courait prendre des leçons de piano et, à l’âge de 14 ans, il jouait déjà du piano dans la chorale d’un temple de Macon. On le surnommait « War Hawk » (« Faucon de guerre ») tant il mettait de la fureur dans sa ferveur religieuse. Son succès lors d’un crochet radiophonique à Atlanta en 1951, lui permit d’enregistrer quatre 78 tours pour R.C.A. Il s’agit de morceaux bluesy à la Roy Brown. Mais il n’aimait pas ces vieux 78 tours car il craignait, disait-il, de les casser.

Il préférait ses faces Specialty de 1955 et 1957. La firme Specialty cherchait à l’époque un chanteur pour concurrencer le Ray Charles de « I got a woman » et croyant l’avoir trouvé en la personne de Little Richard, le directeur artistique Bumps Blackwell racheta le contrat de Little Richard à Peacock pour 600 dollars ! On lui posta un billet d’avion pour Hollywood. La première séance eut lieu aux J & M Studios, à la Nouvelle-Orléans le 14 septembre 1955. Richard enregistra une demi-douzaine de rhythm and blues sophistiqués. Il est entouré des meilleurs musiciens de la Nouvelle-Orléans, le batteur Earl Palmer, le bassiste Frank Fields, les saxophonistes Red Tyler et Lee Allen.

Puis entre 1956 et 1957 Little Richard enregistra toute une série de 45 tours qui montèrent tous au hit parade ! Quand Good Golly Miss Molly monta au Top 10 anglais en mars 1958 , Little Richard avait déjà abandonné le show business en jetant une bague en or dans le port de Sydney en Australie en faisant vœu de ne plus chanter cette « musique de démons » qu’était devenu pour lui le rock and roll. Dans l’anonymat, simple chanteur du groupe « The Upsetters », il sortira deux 45 tours en 1962 avec le groupe « The Upsetters » avec deux titres bien connus de Fats Domino : « Valley of tears » et, « I‘m in love again ». C’est dès 1960 qu’il se lancera dans le gospel avec Mahalia Jackson et Sister Rosetta Tharpe. Il est devenu depuis prédicateur et, s’est totalement axé sur cette production.

On écoute… Freedom Blues / Lovesick Blues / Get rich quick / Why did you leave me ? / Taxi Blues / Every hour / Please have mercy on me / Directly from my heart / Milky white way / I’ve just come from the fountain / Need him / Just a closer walk with thee / Does Jesus care / Precious Lord / Valley of tears / The Saints (go marchin’ in)

La semaine prochaine « Joni Mitchell, chanteuse de jazz ? »

Bonne semaine

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°24 2016-2017 « LE PUISSANT BATTEUR, CHEF D’ORCHESTRE DE DANSE, CHICK WEBB » – 06 Mars 2017

Chick Webb
Le grand batteur et champion du swing Chick Webb


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William Henry « Chick » Webb , batteur et chef d’orchestre américain, est né à Baltimore dans le Maryland en 1909, il décéde le 16 juin 1939 dans la même ville. Nain et bossu, passionné par la batterie, il tape déjà, dès l’âge de trois ans, sur toutes sortes d’ustensiles, notamment de cuisine, ou sur des boîtes en fer en raison de sa passion enfantine pour le rythme ! A neuf ans, il s’échine à vendre des journaux dans les rues de Baltimore pour se payer sa batterie. En 1924 à New York, Duke Ellington le remarque et se prend d’amitié pour lui. Il le fera ainsi embaucher en 1926 – il n’a que 17 ans – au Black Bottom Club puis au Paddock Club de New York. Chick Webb joue à l’époque avec Johnny Hodges et le trompettiste Bobby Stark. En 1930, il devient la vedette du Savoy Ballroom, le principal dancing de Harlem. Il anime alors un très grand orchestre de danse avec des musiciens aussi remarquables que les trompettistes Taft Jordan ou Bobby Stark, les trombonistes Sandy Williams, Claude Jones, les saxophonistes Hilton Jefferson et surtout, le déjà talentueux Louis Jordan, le bassiste John Kirby. Le répertoire s’enrichit en 1934 d’arrangements d’Edgar Sampson comme le fameux « Stompin’ At The Savoy » qui deviendra l’indicatif de l’orchestre ou, « Blue Lou ». La rencontre avec Ella Fitzgerald en 1935 – elle n’a que 17 ans – sera décisive car elle lui apportera des hits fabuleux comme « A Tisket, A Tasket » en 1938. Il meurt peu après en 1939, au faîte de sa gloire, d’une tuberculose osseuse. Teddy McCrea reprendra le grand orchestre de Chick Webb après sa disparition, ce jusqu’en 1942 et, avec toujours Ella Fitzgerald.

Chick Webb était un artiste au tempo explosif avec un jeu puissant qui dominait l’orchestre en jouant des sonorités sur les caisses et les cymbales, le tout dans un swing parfait qui charmait naturellement les danseurs. Il eut de l’influence sur des artistes comme Sid Catlett, Jo Jones, Cozy Cole ou Gene Krupa. Il fut plus un accompagnateur qu’un soliste car son orchestre était d’abord selon sa conception, un orchestre de danse.

Découvrir Chick Webb… « Stompin’ at The Savoy » / « Blue Minor »/ « Blue Lou » / « Just a Simple Melody » / « Liza » / « Breaking ‘Em Down » / « Heebie Jeebies » / « On the Sunny Side of the Street » / « Clap hands ! Here comes Charley » / « I Got a Guy » / « A Tisket, A Tasket » / « Heart of Mine » / « I’m just a Jitterbug » / « Rock it for me » / « Everybody Step »

La semaine prochaine « Little Richard entre gospel et blues ! »

Bonne semaine

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°23 2016-2017 « LE SAXOPHONISTE ET ARRANGEUR KAMASI WASHINGTON  » – 27 FEVRIER 2017

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Kamasi Washington déjà prodige du saxophone ténor


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Kamasi Washington est né le 18 février 1981 à Los Angeles. Fils d’enseignants de musique, il est élevé à Inglewood en Californie. Il est diplômé de l’Alexander Hamilton High School de Los Angeles. Etudiant en Ethnologie de la musicologie à l’Université de Californie, il a été amené à rencontrer des musiciens de jazz prestigieux comme Kenny Burrell, Billy Higgins ou le célèbre chef d’orchestre et arrangeur de la Côte Ouest, Gerald Wilson avec qui, notamment, il commencera à jouer en sideman. En 2004 avec de jeunes musiciens comme Cameron Graves, Stephen Bruner et Ronald Bruner, il réalise l’album « Young Jazz Giants » à l’image du « Modern Jazz Giants » de Miles et Monk cinquante ans auparavant. Il jouera par la suite avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Gerald Wilson, Lauryn Hill, George Duke, la chanteuse Chaka Khan, le chanteur et guitariste néo soul Raphael Saadik…

Paraîtront, en 2007 l’album « The Proclamation », en 2008 l’album « Light of the World ». En 2015 son album « The Epic » connaîtra un immense succès aux Etats-Unis comme en Europe. Il sera classé troisième à « l’U.S. Billboard Jazz Albums » !

A l’écoute ce soir… Découvrir Kamasi Washington. « Going up Yonder » album Light of the World 2008, « Fair As Equal » album The Proclamation 2007 / « Final Thought » album The Epic 2015 / « The Rhythm Changes » album The Epic 2015 / « Henrietta Our Hero » album The Epic 2015 / « Back To Form » album Throttle Elevator Music IV 2016 / « Gibraltar Road » album Throttle Elevator Music IV 2016

La semaine prochaine : Le « jeune » drummer Chick Webb et son orchestre

Bonne semaine

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°22 2016-2017 « LE PIANISTE, CHANTEUR ET ARRANGEUR LES MCCANN » – 20 FEVRIER 2017

Les McCann

Les McCann aujourd’hui. Un homme heureux devant son clavier


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Né le 23 septembre 1935 à Lexington dans le Kentucky, Les McCann est un parfait musicien autodidacte qui prit en tout et pour tout quatre leçons de piano auprès d’une vieille dame qui vivait dans son quartier et qui mourut avant la cinquième. Au début des années cinquante, il quitte le Sud, appelé dans la Marine. Il se retrouve à San Francisco où il a l’occasion de fréquenter les clubs de jazz de la ville, il découvre ainsi Miles Davis et, Erroll Garner qui deviendra rapidement son modèle. Démobilisé de l’Armée sur place, il décide de déménager pour Los Angeles et signe un contrat d’enregistrement avec Pacific Jazz Records. En 1959, il accompagne le chanteur Eugene McDaniels puis, il constitue un trio, le « Les McCannn Limited » avec le batteur et flûtiste Ron Jefferson, un musicien talentueux de la Côte Ouest peu connu en France, qui créera par la suite le « Ron Jefferson Choir » en 1965. Les McCann enregistrera énormément entre 1960 et 1964. Ses premiers albums, « Plays the truth », « The Shout » et surtout, « Compared to What » sont des succès commerciaux. Au début des années 1960, venu à New York, il joue dans les Clubs new-yorkais tels le Village Gate ou le Village Vanguard. Il commence à ce moment, en trio, à chanter en même temps qu’il joue du piano. En 1961 il participe pour la première fois en Europe, au Festival d’Antibes Juan-les-Pins où il partage la scène avec Ray Charles, dont il s’inspirera plus tard et Count Basie. En 1962 il est à nouveau en Europe avec Zoot Sims et le guitariste Charlie Byrd. En 1969 il est à Montreux, il y retournera en 1972. Il va dès lors s’éloigner quelque peu du jazz en enregistrant en Californie avec des synthétiseurs qui le feront s’approcher de la musique de variétés. Artiste dans l’âme, il s’adonne également à la photographie. Il fera ainsi quelque 8 000 photos de musiciens au fil des ans. Il est aussi, à ses heures, un aquarelliste talentueux qui adore représenter les fleurs. Dans le domaine musical, on lui doit d’avoir parrainé les chanteurs Roberta Flack et Lou Rawls, le pianiste Monty Alexander qui viendra lui-même à Montreux en juillet 1976, enfin, le regretté organiste Richard « Groove » Holmes.

Découvrir Les McCann…But not for me 1960 / C Jam Blues 1960 / How high the Moon 1960 / You got in your soulness 1969 / Compared to what 1972 / Cochise 1972 / Price you gotta pay to be free 1972 / A little 3/4 for God & Co 1960

La semaine prochaine « Kamasi Washington, Saxophoniste Ténor »

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°21 2016-2017 « LE PIANISTE EARL HINES » – 13 FEVRIER 2017

Earl Hines
Earl Hines à son piano


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Il n’est pas exagéré de dire qu’Earl Hines fut le père de tous les pianistes de jazz, y compris les plus modernes. Jusqu’à sa mort en 1983, il parcourt toutes les scènes du monde, toujours aussi jeune, toujours aussi inventif. Kenneth « Fatha » Hines est un pianiste, chanteur et compositeur né à Duquesne en Pennsylvanie le 28 décembre 1903 et mort le 22 avril 1983 à Oakland en Californie. Il commence dans sa jeunesse par jouer du cornet puis il se découvre une véritable passion pour le piano à l’âge de neuf ans. Il commence avec son orchestre ses débuts professionnels à Pittsburgh en 1922. Il n’a que 19 ans. Il joue à Chicago avec le violoniste Vernie Robinson puis il intègre les orchestres de Sammy Stewart, Louis Armstrong en 1927 dans le second Hot Five qui aura une influence déterminante sur son jeu, de Jimmy Noone. Il grave en 1928 des faces de 78 tours mémorables avec Louis Armstrong dont le fameux « West End Blues ». Il forme par la suite un grand orchestre qu’il conserve jusqu’en 1947. Il se produit au « Grand Terrace » de Chicago, un établissement où même les serveurs étaient armés et dont l’employeur de Hines était un certain Al Capone. De futures grandes figures du jazz vont défiler dans l’orchestre : Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Bennie Green, Sarah Vaughan, Wardell Gray.

Il est au Festival de Nice en février 1948 avec Louis Armstrong et son All Stars, invité par Hugues Panassié. C’est le tout premier Festival du genre en France. A quarante-cinq ans il clame sa joie lorsqu’il contemple la Tour Eiffel ! Il participe à cette époque à différents orchestres de jazz dont celui de Jack Teagarden, avec qui il visitera l’Europe en 1957. En 1966, une grande tournée l’amène eu URSS et aux Etats-Unis. Il participe en 1968 à « la Jazz Expo de Londres ». Il se produit dans ces années soit en solo soit en quartette. En octobre 1970 il participe à la tournée annuelle organisée par George Wein, le « Newport in Paris » qui laissera de bons et mauvais souvenirs. Parmi ceux-là, l’incroyable goujaterie du public français qui hua la magnifique Anita O’Day pour mieux faire un triomphe à un Mingus pourtant en toute petite forme. Earl Hines en profitera pour enregistrer en studio en décembre de la même année de belles faces dont ce magnifique « Them there eyes » de Maceo Pinkard, enregistré en 1931 par Armstrong et en 1939 par Billie Holiday et, « Snugly but ugly » qui permet d’apprécier une magnifique ligne de basse.

On a souvent écrit qu’Earl Hines avait été le créateur du « style piano-trompette » dans l’orchestre de Louis Armstrong. Hines dit de lui-même « qu’il a commencé à jouer du piano selon la façon d’une trompette ». Il rompt très vite avec les pianistes de style « stride » tels James P. Johnson, Willie « the Lion » Smith ou Fats Waller. Alors qu’à cette époque, il a un jeu de main gauche très syncopé, il énonce parallèlement à la main droite des phrases très riches ponctuées de trémolos serrés. Ses conceptions de compositeur l’amènent à privilégier un jeu au piano inventif et fondamentalement créateur qui le font se rapprocher d’orchestres comme ceux de Count Basie ou de Jimmy Lunceford avant que n’arrive la déferlante « bebop ».

Moderne en 1928, il conservera cette même jeunesse au cours des années quatre-vingt.

A Monday Date avec Louis Armstrong et son Hot Five N.2 1928 / West End Blues avec Louis Armstrong et son Hot Five N.2 1928 / Four or Five Times avec Jimmy Noone à l’Apex Club de Chicago 1928 / Maple Leaf Rag de Scott Joplin avec le grand orchestre d’Earl Hines 1934 / Blue avec le grand orchestre d’Earl Hines 1935 / Boogie Woogie on St. Louis Blues 1960 / Willow Weep for Me 1960 / Rosetta piano solo 1960 / Black and Tan Fantasy 1966 / Muskrat Ramble 1957 / Them There Eyes 1970 / Snugly but Ugly 1970 / Almost like Being in Love 1970

La semaine prochaine « Le pianiste et chanteur Les McCann »

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°20 2016-2017 « LES DEBUTS DE LA CHANTEUSE BETTY CARTER DANS LES ANNEES 1950/1960″ – 06 FEVRIER 2017

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La belle Betty Carter


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Betty Carter, de son vrai nom Lillie Mae Jones, est née à Flint dans le Michigan, à cent kilomètres de Detroit, le 16 mai 1929. Elle décède le 26 septembre 1998 à New York. Elle étudie le piano au Conservatoire de Detroit. Elle chante à l’école et à l’église. Devenue professionnelle, elle intègre l’orchestre de Lionel Hampton en 1948. En 1951 elle quitte l’orchestre, pour voler de ses propres ailes, en faisant une carrière solo dans les clubs de New York. Alors qu’elle passe la nuit à l’Apollo de Harlem en même temps que Ray Charles, ils conviennent tous deux d’enregistrer un disque en duo en 1961. L’enregistrement sera un succès qui entraînera la notoriété pour Betty Carter.

En 1963 elle accompagne le saxophoniste Sonny Rollins en tournée au Japon, chante à Londres en 1964, participe au Festival d’Antibes en 1968 et au Festival de Newport en 1976… Sur scène, elle se produit très souvent en trio avec d’excellents pianistes comme John Hicks ou Mulgrew Miller. Elle a également chanté avec des musiciens comme Charlie Parker, John Coltrane, Dizzy Gillespie, J. J. Johnson.

Betty Carter qui a connu une grande carrière, est pourtant une chanteuse de bebop – peut-être la dernière – controversée. Certains lui ont reproché ses manières
affectées dans le chant alors que ses fans, plus nombreux, ont souligné, en ce qui les concerne, la pureté de son timbre de voix et sa musicalité. Ce qui est au demeurant indiscutable.

Les titres. « Moonlight in Vermont 1955 / « Thou Swell » 1955 / « Frenesi » 1956 / « I can’t help it » 1958 / « Red Top » 1952 / « Benson’s Boogie » 1949 / « The Hucklebuck » 1949 / « Jay Bird » 1948 / « There’s no you » 1960 / « Remember » 1960 / « Stormy Weather » 1960 / « On the Alamo » 1960 / « Ev’ry time we say goodbye » 1961 / « You and I » 1961 / « Side by Side » 1961 / « Just You just Me » 1961 / « Frenesi » 1961 / « Rock-a-bye-baby » 1961…

Les années 1961 concernent les enregistrement de Betty Carter avec Ray Charles.

La semaine prochaine… « Le pianiste Earl Hines »

Bonne semaine

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°19 2016-2017 « LE DRUMMER GINGER BAKER » – 30 JANVIER 2017

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Ginger Baker derrière ses futs


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Le batteur Ginger Baker, de son vrai nom Peter Baker, est né le 19 août 1939 à Lewisham, dans le sud-est de Londres. C’est une personnage aux tenues voyantes et excentriques, à la flamboyante chevelure rousse. Il a commencé par se faire une certaine réputation en tant que musicien de jazz traditionnel au sein de l’orchestre de jazz du chef d’orchestre britannique Bob Wallis, les « Storyville Jazzmen », en 1957. Il avait 18 ans. Délaissant un temps le jazz quelques années plus tard, en pleine période revival du blues anglais, il rejoindra des groupes prestigieux du style des années 1970 comme « l’Alexis Korner Blues Incorporated », « Cream » avec Eric Clapton, « le Graham Bond Organisation », sans oublier le fameux groupe « Blind Faith » avec Steve Winwood et Clapton, formé exactement le temps d’un album, en 1969. Il est un batteur au jeu de balais époustouflant, il sait faire tonner ses toms d’une façon incroyable. Il fut surtout le premier musicien à populariser l’installation des deux grosses caisses devant le batteur de jazz.

Depuis 1986 il s’est tourné vers le jazz fusion.

Why ? 2014 en référence à Wade in the water / St Thomas 2014 composé par Sonny Rollins / Let’s Start avec Fela Kuti en 1971 / Straight No Chaser 1995 avec Charlie Haden et Bill Frisell à Francfort / Solo de batterie 1989 (extrait) de l’Album « No Material » / Ginger Spice 2014 Album « Why ? » / Egbe Mi O (Carry me I want to die) 1971 avec Fela Kuti

La semaine prochaine ce sera « La chanteuse Betty Carter »

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°18 2016-2017 « LES TROMPETTISTES DE JAZZ DE L’EPOQUE HEROÏQUE » – 23 JANVIER 2017

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La trompette de jazz


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Au commencement était la trompette : l’instrument-roi du jazz. Ce n’est pas un hasard si le premier musicien a avoir été appelé « King » (Le Roi) était un trompettiste, le légendaire Charles Buddy « King » Bolden qui jouait à la Nouvelle-Orléans dans les années 1890. Lui succéda quelques années plus tard, Joe « King » Oliver avec son Creole Jazz Band des années 1920. La trompette a atteint la suprématie sur les autres instruments par ses qualités intrinsèques comme son timbre magnifique, son volume sonore à la fois puissant et suave, ses attaques fulgurantes au sein de l’orchestre, ses effets de sourdine et à l’inverse, ses effets « wa wa » à la Bubber Miley dans l’orchestre de Duke Ellington. Dans les orchestres de la Nouvelle-Orléans fut d’abord utilisé le cornet à pistons puis Louis Armstrong le remplaça par la trompette en 1927. Cependant quelques musiciens resteront fidèles au cornet comme Rex Stewart et, en France, à une époque plus récente, Boris Vian. Il y a une grande diversité de styles et de climats avec des musiciens comme King Oliver au son délicat, Louis Armstrong et ses belles envolées, Tommy Ladnier et son austérité, Bix Beiderbecke et sa poésie, Bill Coleman et son élégance… Bien que supplantée dans l’orchestre par la guitare et le saxophone, la trompette restera à jamais l’instrument qui a donné ses premières couleurs au jazz.

« A Daniel Consolino. Mon ami.
Tu adorais le blues, le jazz. Combien de fois avons nous juré tous deux que nous irions un jour écouter sur scène notre bluesman préféré, John Mayall ? Tu m’as rappelé un jour que je t’avais fait découvrir Miles Davis. Alors, il y a peut-être une année, je t’ai envoyé à Aix-en-Provence où tu habitais, une compilation de Miles que j’avais faite spécialement pour toi. Je me souviens qu’il y avait « In A Silent Way » de 1969, des extraits de l’album « Bitches Brew » de 1970, que tu appréciais particulièrement, « Bags’ Groove » et « The Man I Love » de 1954.

Ce soir, pour nous dire « au revoir », cher Daniel, nous écouterons ensemble « Bags’ Groove » et « In A Silent Way »… cette musique du silence de Miles avec à la fin ces quelques notes qui se perdent dans l’espace. »

Nous écoutons,

« Bags’ Groove » (Hommage à Daniel) de Miles Davis 1954 / « High Society Rag » de King Oliver 1923 / « West End Blues » de Louis Armstrong 1928 / « Weary Blues » de Tommy Ladnier 1938 / « Franklin’ Street Blues » de Bunk Johnson 1942 / « Singin’ The Blues » de Bix Beiderbecke 1927 / « I Can’t Get Started » de Bunny Berigan 1937 / « St James Infirmary » de Bubber Miley 1930 / « Concerto For Cootie » de Cootie Williams 1940 / « Muskrat Ramble » de Boris Vian 1945 / « I’ve Found A New Baby » de Boris Vian 1946 / « Honeysuckle Rose » de Boris Vian 1945 / « In A Silent Way » ( Hommage à Daniel) de Miles Davis 1969.

La semaine prochaine ce sera « Ginger Baker, le drummer »

Jean Claude

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CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°17 2016-2017 « LES CINQUANTE ANS DU FESTIVAL DE MONTREUX SUR LES BORDS DU LAC LEMAN EN SUISSE » DEUXIEME PARTIE – 16 JANVIER 2017

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Claude Nobs le fondateur du Montreux Jazz Festival


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Depuis près d’un demi-siècle, chaque concert du Montreux Jazz Festival fait l’objet d’un enregistrement audio/vidéo réalisé dans des conditions optimales; avec les meilleurs enregistreurs de l’époque du type Nagra et de magnétophones multipistes nombreux. Le Casino de Montreux bénéficiant par ailleurs de la proximité de Mountain Studio, on tirait les câbles jusqu’à la salle de concert pour bénéficier d’un enregistrement studio de grande qualité ! Le tout avec cette oreille pop/rock qui a toujours défini le « son Montreux ». Puis ce fut le son et l’image. A la fin des années 1980 Claude Nobs proposera au major Sony de filmer les artistes à la place « des jeunes filles en fleurs et des coquelicots » comme l’écrit en s’amusant Thierry Amsallem, partenaire et organisateur du Festival depuis 1987. S’est donc constitué un trésor inestimable avec 4000 concerts filmés qui font partie d’un patrimoine culturel reconnu depuis 2013 par l’Unesco. Le centre Metamedia du Festival, situé à Lausanne, est chargé de numériser depuis 2010 les 5000 heures audio et vidéo du Montreux Jazz Festival enregistrées depuis 1967. Le Festival de Montreux st devenu au fil des ans un événement majeur européen et mondial qui laisse une trace indéfectible dans le monde culturel universel de la Musique.

En deuxième partie de cette célébration des 50 ans du Festival de Jazz de Montreux… Summertime par Miles Davis en 1991 à Montreux / Here Come De Honey Man par Miles Davis en 1991 à Montreux / Samba Novo par Baden Powell en 1995 à Montreux / Work Song par Monty Alexander en 1977 à Montreux / What’s Going On par Marvin Gaye en 1980 à Montreux / Cochise par Les McCann en 1972 à Montreux / African Mailman par Nina Simone au piano en 1976 à Montreux / Walkin’ Up par Bill Evans en 1968 à Montreux

La semaine prochaine 23 janvier : Les trompettistes de jazz de l’époque « héroïque »

Bonne semaine

Jean Claude

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