CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°7 2017-2018 « JAZZ LADIES IN JAZZ… » – 16 OCTOBRE 2017

images


Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

En 1920 l’industrie du disque connut avec l’avènement des « race records », une véritable révolution. Jusqu’alors, les dirigeants des grandes compagnies de disques n’avaient compté au nombre de leurs clients qu’une faible partie du public noir, appartenant à une classe moyenne qui, par souci d’intégration dans le monde dominant des blancs, refusait de prêter à cette musique de couleur toute l’attention qu’elle aurait méritée, la méprisait. Les premiers grands succès du jazz proche phonétiquement du terme argotique graveleux de « jass », remontent à 1917 et sont dus aux prestations de « l’Original Dixieland Jass Band », un orchestre de musiciens blancs dont la facture musicale put apparaître comme extrêmement novatrice. En ce qui concerne le blues, le premier raz de marée fut porté par des femmes noires – les seul clients à l’époque des « race records » étaient les blancs mâles – qui constituèrent le réceptacle idéal des phantasmes masculins des blancs américains des années 1920. Petit à petit un vivier de chanteuses de blues se constitua avec des chanteuses aussi prestigieuses que Mamie Smith puis Alberta Hunter, Ma Rainey et « l’Impératrice du blues » entre toutes, Bessie Smith qu’évoqua Campus Meeting Jazz dans deux émissions consacrées au « Blues à l’origine du jazz » en février 2016. Suivront dans le style stricto sensu du jazz des chanteuses merveilleuses comme Ella Fitzgerald, Billie Holiday ou Sarah Vaughan. Il y eut également des chanteuses blanches remarquables comme Anita O’Day, Peggy Lee ou June Christie. Dans le rhuthm and blues s’imposeront les noms de Sister Rosetta Tharpe, Memphis Minnie ou Lavern Baker; dans le Free Jazz ceux de Jeanne Lee ou d’Abbey Lincoln. Aujourd’hui China Moses, Erikah Badu, de belles voix noires, disputent la gloire à des voix aussi prestigieuses que celles de Diana Krall, Melody Gardot ou à l’une des dernières arrivées, Nikki Yanofsky.

Ladies in Jazz are…Bessie Smith in Down Hearted Blues / Memphis Minnie in Me And My Chauffeur / Mamie Smith in Crazy Blues / Gertrud Ma Rainey in Prove It On Me Blues / Sister Rosetta Tharpe in Trouble In Mind / Ella Fitzgerald in S’ Wonderful / Sarah Vaughan in Lullaby Of Birdland / Anita O’ Day in Honeysuckle Rose / June Christy in Kissing Bug / Abbey Lincoln in Afro Blue / Billie Holiday in Let’s Call The Whole Thing Off / Peggy Lee in Fever / Melody Gardot in Don’t Talk / China Moses in Watch out / Nikki Yanofsky in Little Secret

La semaine prochaine ce sera le contrebassiste Avishai Cohen

Bonne semaine à toutes et tous

Cordialement

Jean Claude

« Campus Meeting Jazz is really 100% Jazz Music only ! »


CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°6 2017-2018 « BEN SIDRAN… PIANISTE, ORGANISTE ET CHANTEUR » – 09 OCTOBRE 2017

Ben Sidran
Ben Sidran à son piano


Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Ben Sidran, pianiste, organiste, chanteur, homme de radio et de télévision et écrivain, est né le 14 août 1943 à Chicago, Illinois. Il grandit à Racine dans le Wisconsin. Il apprend le piano à l’âge de sept ans. Etudiant, il intègre le groupe « The Ardells », un groupe de blues rock, de Steve Miller bien connu dans les années 1967 sur la scène rock et du blues blanc U.S. Il participe à quelques albums de Steve Miller (« Children of The Future » en septembre 1968, «Brave New World » en septembre 1969). Il s’exile alors à Londres en 1969 pour préparer un doctorat dans l‘Université du Sussex. Dans les années 70 il collabore encore avec Peter Frampton, Eric Clapton, Jesse Davis et les Rolling Stones. Son premier disque « Feel Your Goove » paraît en 1971 sur la Côte Ouest, il écrit par la suite un ouvrage sur la musique afro-américaine : « Black Talk » et, devient en même temps responsable d’une émission de télévision appelée « The Week-End Starts Now ». Entre 1976 et 1979 il enregistre pour le compte de la firme de disques Arista avec Woody Shaw, Blue Mitchell, Anthony Williams. En 1979 est publié « The Cat And The Hat » avec le guitariste Lee Ritenour, le saxophoniste Joe Henderson qui nous a quittés en 2001 et, le batteur Steve Gadd. Sont enregistrés dans les années 80… « Old Songs For The New Depression » avec l’altiste Richie Cole, « Bop-City » avec le saxophoniste Phil Woods et le contrebassiste Eddie Gomez, « Live At The Elvehjem Art Museum » avec encore un contrebassiste : Richard Davis. Il se produit en solo au Festival de Jazz de Paris en 1986 puis, il revient en Europe en 1988 avec un tube qui le propulse vers le succès… « Hot Touch ».

Pianiste, chanteur, en même temps érudit de l’univers du jazz, Ben Sidran est un phénomène à part dans la musique de jazz car il a un répertoire composé à la fois de standards et de créations originales où l’humour n’est jamais absent dans les arrangements. Sa voix à la fois grave et rauque est très caractéristique et son jeu de piano, fortement influencé par les boppers, est à la fois « clair » et swinguant. Ben Sidran est un grand musicien dans le jazz contemporain.

Liste des titres de cette soirée. Too much too late/Shaboogie/Thank God for the F Train/Soso’s Dream/Blue Camus/The King of Harlem/Wake me when it’s over/Blowin’ in the wind/Tangled up in blue/The times they are changin’/Language of the Blues

La semaine prochaine « Ladies in Jazz »

Début novembre : Weather Report revient sur deux semaines. L’événement de cette rentrée.

Bonne semaine

Jean Claude

« Campus Meeting Jazz is really 100% Jazz Music only ! »


CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°5 2017-2018 « ILLINOIS JACQUET, DON BYAS & BEN WEBSTER OU LE SAXOPHONE DANS LE MIDDLE JAZZ (1929-1945) » – 02 OCTOBRE 2017

Ben Webster & Don Byas
Ben Webster et Don Byas
Ben Webster & Illinois Jacquet
Ben Webster et Illinois Jacquet


Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Illinois Jacquet
Jean-Baptiste Jacquet après l’étude de la batterie, se consacre au saxophone soprano et au saxophone alto dont il joue dans des orchestres locaux dans les années 30. Ayant adopté finalement le saxophone ténor, il joue dans l’orchestre de Floyd Ray en 1941. Engagé par Lionel Hampton la même année, il s’impose en vedette avec son fameux solo sur « Flying Home ». Il passe ensuite en 1943-44 chez Cab Calloway puis chez Count Basie en 1945-46, enfin dans la troupe du « Jazz at the Philharmonic ». Il a l’occasion ainsi de se rendre plusieurs fois en Europe et notamment en France, au Festival de Nice et à celui de Villeneuve-sur Lot. En 1944 il est quasiment la vedette du film « Jammin’ the Blues ». Il décède le 22 juillet 2004 à New York.
Soliste exubérant au ténor, il est également hyper lyrique dans les pièces en tempo lent.

Don Byas
Wesley Carlos Byas, surnommé « Don », est né dans l’Oklahoma à Muskogee le 21 octobre 1912 d’une mère indienne Cherokee. Très jeune il joue du saxophone alto dans les orchestres de Bennie Moten et de Walter Page. Il fond son premier orchestre en 1931 puis est engagé par Lionel Hampton en 1934 en Californie. Il joue par la suite avec des chefs comme Lucky Millinder, Andy Kirk, Coleman Hawkins, avant de remplacer Lester Young dans l’orchestre de Count Basie de 1941 à 1943. En 1944 on le trouve chez Dizzy Gillespie puis chez Don Redman qu’il accompagne en France en 1946. Il décide alors de se fixer en Europe. Il meurt à Amsterdam le 24 août 1972.
C’est un saxophoniste altiste à l’aise dans la ballade avec une sonorité voluptueuse.

Ben Webster
Benjamin Francis Webster est originaire de Kansas City où il est né le 27 février 1909. Il commence par étudier le violon, le piano puis le saxophone. Il joue du saxophone ténor chez Bennie Moten, Andy Kirk, Bennie Carter ou Fletcher Henderson. Il connaît la célébrité par son passage chez Duke Ellington de 1940 à 1943. Il forme alors son propre groupe à Kansas City puis c’est la rencontre avec Count Basie en 1953 et peu de temps après, celle du Jazz at the Philharmonic. Il est en Europe, au Danemark et en Hollande, dans les années 1965. Il meurt le 20 septembre 1973 à Amsterdam.
Ben Webster a un style voisin de celui de Coleman Hawkins, avec un son tantôt fougueux tantôt très moelleux dans la mélodie langoureuse.

Illinois Jacquet : Flying home / Ghost of a chance / Memories of you / Jacquet Bounce / Jumpin’ at Apollo / Blue satin
Don Byas : Candy / Cherokee / Tenderly / September song / Roses of Picardy
Ben Webster : Just A-sittin’ and A-rockin’ / Chelsea Bridge / I got it bad and that ain’t good / Blues Mr Brim

A la semaine prochaine pour de nouvelles aventures jazzistiques !

La semaine prochaine sur Campus Meeting Jazz : « Le pianiste, organiste et chanteur Ben Sidran »

Bonne semaine

Jean Claude

« Campus Meeting Jazz is really 100% Jazz Music only ! »


CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°4 2017-2018 « NEO BOP ET HARD BOP AVEC LEE MORGAN ET ART BLAKEY » – 25 SEPTEMBRE 2017

The sidewinder

La pochette de l’album de Lee Morgan


Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Le Hard Bop fait suite au style Bebop dans les années 1955-60. Le Hard Bop a un rapport avec la reconnaissance de l’identité noire américaine suivant le slogan : « Black is beautiful ». Par ailleurs ce mouvement musical s’inscrit en réaction contre le style « Jazz Cool » né en 1949 aux Etats-Unis avec la parution de l’album de Miles Davis et de son orchestre, « The Birth of the Cool », dont le style West Coast éminemment blanc s’inspirera aussi. Un fait supplémentaire s’ajoute à la réaction des « Hardboppers » des années 60 ; le Hard Bop correspondrait (un hasard ?) à la montée du Rhythm and Blues chez les noirs américains dans les années 1950. On cite le musicien Tadd Dameron qui enregistre du rhythm and blues avant de rejoindre le style Hard Bop, rhythm and blues dont Elvis Presley sera aussi l’héritier en juin 1953 avec l’enregistrement de son premier disque dédié à sa mère Gladys : « My happiness ». Mais ceci est une autre histoire. En fait et pour en revenir au Hard Bop, ce dernier mêle savamment les influences gospel et blues dans sa structure et son rythme, notamment en ce qui concerne les partitions du piano et du saxophone au sein de l’orchestre. Le Hard Bop opte aussi, généralement, pour un tempo plus lent que celui du Bebop. Le rythme est plus marqué que dans le Bebop ; notamment avec des batteurs comme Art Blakey et Max Roach. La plupart du temps le Hard Bop est interprété en quintet organisé de la façon suivante : une section rythmique avec le pianiste, le bassiste et le batteur, une section de solistes avec le saxophoniste et le trompettiste. Pour ces derniers on cite souvent le trompettiste Clifford Brown et le saxophoniste Sonny Rollins. Enfin, comme du rhythm and blues au Soul Jazz il n’y a qu’un pas, le Soul Jazz succèdera au Hard Bop dans les années 1960 avec par exemple un musicien comme Jackie McLean, qui saura réaliser la fusion entre le Hard Bop et le Jazz Modal, cher à des musiciens comme John Coltrane et Miles Davis.

El Toro par Art Blakey/Blue Lace par Art Blakey/The Sidewinder par Lee Morgan/Boy, what a night par Lee Morgan/George’s Dilemma par Clifford Brown/Take the A Train par Clifford Brown/Dr Jackyll & Mister Funk par Jackie McLean.

La semaine prochaine: « Les saxophonistes Illinois Jacquet, Don Byas, Ben Webster »

Bonne semaine

Jean Claude

« Campus Meeting Jazz is really 100% Jazz Music only ! »


CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°3 2017-2018 « AUTOUR DE L’ALBUM KIND OF BLUE DE MILES DAVIS » – 18 SEPTEMBRE 2017

Kind of Blue enregistrementKind of Blue pochette Personnel et Pochette de Kind of Blue


Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Le personnel.
Le sextet : Miles, trompette John Coltrane, saxophone ténor Julian Cannonball Adderley, saxophone alto Bill Evans & Wynton Kelly au piano Paul Chambers, contrebasse Jimmy Cobb, batterie.

L’album est composé comme une « série d’esquisses modales » dans lesquelles chaque musicien a reçu un ensemble de gammes qui indiquent les principales caractéristiques de l’improvisation et du style. C’est un retour à la mélodie contrairement à la progression d’accords continue sur 32 mesures puis répétée, certes avec des variations, de la part des musiciens mais, répétée tout de même, du style bebop cher à Charlie Parker et de Dizzy Gillespie.

Ce lundi 2 mars 1959, le Studio Columbia de la 30ème Rue de New York, est réservé pour deux séances consécutives de 14 heures 30 à 17 heures 30, de 19 heures à 22heures. Le studio était vide depuis que le dimanche 1er mars après-midi, Mitch Miller y avait supervisé une séance du chanteur Jerry Vale. Ce jour-là donc le producteur Irving Townsend, l’heureux producteur de Lady in Satin de Billie Holiday, attend les musiciens à 14 heures, en compagnie de Fred Plaut, l’un des meilleurs ingénieurs du son de la firme Columbia et du technicien Bob Waller. Faire entrer Miles en studio implique généralement une avance financière sur son contrat annuel signé avec Columbia. La séance de Kind of Blue ne fait pas exception à la règle. Columbia exige à l’époque dans ses contrats avec les artistes, deux albums par an. Miles demande 15 000 $ en avance pour l’album… il obtient 10 000 $. Quant aux accompagnateurs de Miles, ils sont payés à l’époque au tarif syndical pour une séance de trois heures, soit en 1959 : 48,50 $. Miles réclama avec l’aide d’Irving Townsend 100 $ supplémentaires pour les « anciens » du groupe comme Chambers, Coltrane et Adderley.

Les notes de la pochette de l’album indiquent : « Miles a conçu ces arrangements quelques heures seulement avant les séances. Kind of Blue est toujours considéré par beaucoup comme un disque totalement improvisé et entièrement composé par Miles. Ce n’est pas si sûr… D’abord, les cinq morceaux sont-ils vraiment nouveaux ? Jimmy Cobb a affirmé que So What avait été joué précédemment à l’enregistrement sur scène, Miles a admis lui-même que All Blues était un morceau de scène remanié par Bill Evans pour la séance en « 3/4» car il était en « 4/4 » au départ. Quant à la création des morceaux qui seraient tous de Miles Davis, Bill Evans a affirmé être l’auteur de Blue in Green avec Miles. Quand le même Evans demanda plus tard à Miles de partager les importantes royalties générées par l’album, Miles lui fit un chèque de… 25 dollars. Jimmy Cobb, le batteur de l’orchestre, dira plus tard… « Les idées et la musique venaient de Bill Evans »

Miles donnera à la dernière minute des instructions aux musiciens comme : « là, le temps tout droit », « là, c’est en trois », « couleur latine », « comme tu le sens ».

Dans la cabine de son, Bob Waller a placé une bobine de bande magnétique Scotch 190 en acétate robuste d’un millimètre d’épaisseur dans chacun des deux magnétophones Ampex pour ce projet Columbia qui porte le numéro « 43079 » sur la boîte en carton Scotch de la bande magnétique. Deux bobines pour enregistrer simultanément le master et une bande de secours. Seulement trois bandes seront nécessaires en tout : une pour le master et deux bandes de secours correspondant aux deux séances d’enregistrement. Ce qui était rare à l’époque, car Miles notamment avait l’habitude, comme d’ailleurs Duke Ellington, d’utiliser des « kilomètres de bandes » car les magnétos tournaient en permanence.

Une écoute attentive du master révèle que Plaut avait attribué un micro Telefunken U-49 très fiable pour l’époque à chaque musicien mais deux pour la batterie de Jimmy Cobb car l’un était orienté vers la caisse claire, l’autre placé au-dessus du batteur pour capter les cymbales. Sept micros seront donc utilisés au total, puis mixés à travers la console de la cabine jusqu’aux trois pistes (alors à la pointe du progrès) et avec une petite quantité « d’écho » ajoutée au mix général. Ce qui fera hurler les puristes et le producteur de jazz John Hammond.

Les enregistrements du 2 mars 1959 de 14 heures 30 à 17 heures 30 et de 19 heures à 22 heures

Le premier morceau enregistré est « Freddie Freeloader » ou « Freddie le parasite » du nom d’un barman de Philadelphie, Fred Tolbert, ami de Miles (morceau en position 2 sur le disque). Wynton Kelly est au piano. C’est un blues en douze mesures. C’est le moins mélancolique des morceaux de l’album.

« So What », le morceau le plus connu de Kind of Blue, est une figure simple basée sur 16 mesures d’une gamme, 8 d’une autre et 8 encore de la première succédant à une introduction de piano et de contrebasse sur un tempo libre. Un morceau avec un magnifique thème d’ouverture après un prélude rêveur. Mélodie identifiable, accrocheuse avec une ligne lyrique quasi funky.

« Blue in Green ». Une structure circulaire de dix mesures précédée par une introduction de 4 mesures. C’est la paisible miniature d’un album composé de méditations plus longues, cinq suaves minutes et demie de somptueux solos sur une boucle d’accords !

Les enregistrements du 22 avril 1959 de 14 heures 30 à 17 heures 30

« Flamenco Sketches ». C’est une succession de cinq gammes, chacune d’entre elles pouvant être explorée aussi longtemps que le soliste le désire. C’est la composition la plus parfaitement modale de Kind of Blue. Elle contient une diversité d’influences : classique, impressionniste, exotique à l’intérieur d’un thème obsédant.

« All Blues ». C’est un blues de douze mesures en 6/8 dont la couleur provient de quelques rares variations modales et de la conception mélodique libre de Miles Davis. Entièrement composé par Miles Davis, il comprend plusieurs éléments : du riff joué avec insistance par Chambers tout le long du morceau puis l’accélération par le groupe avec un léger groove latin avec un son à la Ray Charles et joué en 4/4. On croit presque entendre « The Twist » de Ray.

Les notes ci-dessus proviennent en grande partie de la pochette du disque.

La semaine prochaine… »Neo Bop ou Hard Bop ? Avec Lee Morgan et Art Blakey pour tenter de répondre à cette question »

Bonne semaine

Jean Claude

« Campus Meeting Jazz is really 100% Jazz Music only »


CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°2 2017-2018 « DUKE ELLINGTON ET SES PAIRS… » – 11 SEPTEMBRE 2017

Johnny HodgesCootie Williams
Johnny Hodges & Cootie Williams


Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Johnny Hodges
Joseph Cornelius Hodges est né à Cambridge dans le Massachussets le 25 juillet 1906. A quatorze ans il adopte définitivement le saxophone alto. Ses débuts ont lieu en 1925 et en 1926, venu à New York il joue chez Chick Webb. Entré en 1928 chez Duke Ellington, il y restera jusqu’en 1951, date à laquelle il crée son propre orchestre. Cependant, en 1955 il effectue un come-back dans l’orchestre de Duke avec qui il fera des tournées dans le monde entier. Jusqu’à la venue de Charlie Parker, il reste le maître du saxophone alto. La suavité de sa sonorité, la musicalité de ses phrases, la grâce de sa diction sont légendaires. Il meurt le 11 mai 1970

Cootie Williams
Charles Albert Melvin Williams, surnommé « Cootie », est né le 24 juillet 1910 en Alabama, à Mobile. D’abord batteur dans son école, il décide de choisir la trompette. Il débute en Floride en 1926, puis après un séjour chez Chick Webb – encore – et chez Fletcher Henderson, il est engagé dans l’orchestre de Duke Ellington pour succéder à Bubber Miley en 1929. Une succession difficile. En 1940 il quitte Duke pour entrer dans l’orchestre de Benny Goodman. En 1941, il crée sa propre formation avec Bud Powell au piano. Cela durera jusqu’en 1947 lorsqu’il crée un nouvelle formation tournée axée le rhythm and blues. Revenu chez Duke Ellington en 1962, il tournera avec lui, notamment en Europe, dans les années 1965. Il décède à New York le 14 septembre 1985. Il a été, avec Bubber Miley, un formidable spécialiste de la sourdine wa-wa et un immense trompettiste.

Rex Stewart
Williams Stewart est originaire de Philadelphie en Pennsylvanie. Il est né le 22 février 1907. D’abord joueur de cornet sur les bateaux de croisière dans les années vingt, il vient ensuite à New York pour jouer chez Fletcher Henderson. Il débute en 1934 chez Duke Ellington et restera dans l’orchestre jusqu’en 1943. Son orchestre créé peu après, il connaître un très grand succès, notamment en Europe. Dans les années 1958-1959 il joue également dans la formation d’Eddie Condon. Très influencé par Armstrong et Bix Beiderbecke, sa sonorité se rapproche notamment de celle de Bix. Il figure dans le film « Hellzapoppin » en 1941. Il meurt le 7 décembre 1967 à Los Angeles.

Barney Bigard
Leon Albany Bigard naît à la Nouvelle-Orléans le 3 mars 1906. Il étudie la clarinette et joue d’abord dans plusieurs formations avant d’intégrer l’orchestre de King Oliver en 1925. Il apparaît chez Duke en 1927 et restera dans l’orchestre jusqu’en 1942. Après avoir quitté Duke, il joue entre autres avec Kid Ory et tourne dans le film « New Orleans » en 1946. Puis ce sera l’expérience « All Stars » d’Armstrong jusqu’en 1961. Il est au Festival de Nice en 1979. Il meurt l’année suivante, le 27 juin 1980 en Californie. Musicien élégant il se caractérise également par un sens aigu du swing.

Pour Daniel : In a Silent Way par Miles Davis

Johnny Hodges : Jeep’s Blues / Swingin’ on the Campus / Good queen Bess Cootie Williams : Watchin’/ Mobile Blues / Gal-A-Vanting Rex Stewart : Without a song / Mobile Bay / Linger Awhile Barney Bigard : Clouds in my heart / Frolic Sam / Stompy Jones

La semaine prochaine : « Autour de Kind of Blue de Miles Davis »

Bonne semaine

Jean Claude

« Campus Meeting Jazz is really 100% Jazz Music only ! »


CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°1 2017-2018 « LE SAXOPHONISTE ET CHANTEUR BULL MOOSE JACKSON » – 04 SEPTEMBRE 2017

Bull Moose Jackson
Bull Moose Jackson. Le jazz et le rhythm and blues à la fois.


Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Saxophoniste et chanteur de rhythm and blues, Bull Moose Jackson est né le 22 avril 1919 à Cleveland dans l’Ohio. Il décéde à Cleveland le 31 juillet 1989. D’abord joueur de violon dans son enfance, il s’initie progressivement au saxophone lors de ses études secondaires et forme même avec ses camarades son groupe, « The Harlem Hotshots ». En 1943 il intègre l’orchestre de Lucky Millinder dans lequel, les musiciens trouvant en lui une ressemblance avec un « orignal » mâle (élan), l’ont surnommé « Bull Moose ». Dans les années 1940 il enregistre chez King Records le fameux « I love you, yes I do » qui se vendra en 1940 à plus d’un million d’exemplaires aux Etats-Unis ou bien encore, est publié « Why don’t haul off and love me », un autre succès. Certes il interprétera des chansonnettes amoureuses mais aussi du rhythm and blues. Ce que l’on a appelé à l’époque, le « Jump Blues », le « Dirty Blues » ou, tout simplement du blues. D’excellents morceaux comme « Big ten inch record » ou « Nosey Joe » de Jerry Leiber & Mike Stoller, qualifiés de très suggestifs durant les spectacles de Bull Moose Jackson, assureront la gloire à Bull Moose. Par ailleurs, s’épanouiront dans le groupe des musiciens comme Tadd Dameron ou Benny Golson qui, lui-même, rejoindra les Jazz Messengers d’Art Blakey. Dans les années 1970, Bull Moose intègre un groupe déjà existant : « The Flashcats ». Un groupe qui se produit en Pennsylvanie, dans l’Ohio et en Virginie, qui interprète très souvent le morceau fétiche de Bull Moose, « Big ten inch record ». Bull Moose enregistrera « Moose on the loose » en 1946, morceau qu’il reprendra dans l’album « Moosemania ! » avec les Flashcats. Il deviendra très rapidement leur leader. En 1980 il connaît la gloire aux Etats-Unis et au niveau international mais il meurt d’un cancer du poumon le 31 juillet 1989. Il vient tout juste d’avoir soixante dix ans.

In memoriam l’ami Jean-Pierre. Jessi Colter interprète « Psalm 151. King David’s Last Psalm ».

Bull Moose Jackson à découvrir… I love you, yes I do / Why don’t haul off and love me / Big ten inch record / Nosey Joey / Oo-Oo-Ee-Bob-A-Lee-Bob / Bull Moose Jackson blues / I know who threw the whiskey / The blues done got me (and gone) / Buffalo shuffle / Jammin’ and jumpin’ / Moose on the loose / Houston Texas / Cherokee boogie / Bootsie / I wanne hug ya, kiss ya, squeeze ya / If you ain’t lovin’ (you ain’t livin’)

La semaine prochaine « Duke Ellington et ses pairs »

Bonne semaine à tous

Jean Claude

« Campus Meeting Jazz is really 100% Jazz music only ! »


CAMPUS MEETING JAZZ EST EN DEUIL… NOTRE AMI JEAN-PIERRE N’EST PLUS

mms_img1559626731[1]
Jean-Pierre au micro pour Campus Meeting Jazz

Tu t’en es allé ce samedi 24 juin 2017. Sur la pointe des pieds. Bien sûr sans prévenir. Le pouvais-tu ? Tu es parti discrètement comme tu le faisais lorsque tu arrivais à 19 heures à Radio Campus le lundi pour notre émission, « Campus Meeting Jazz ».

Je suis, on est tous très tristes de ne plus te voir, de ne plus entendre cet accent du Nord qui était le tien et qui nous amusait tant. Tes connaissance musicales immenses, ton humour, ta gentillesse nous manquent déjà. Tu es parti trop tôt.

Alors, on pense à toi et on se dit que l’amateur de rock et de jazz que tu étais va bien les faire marrer là-haut ! Ca va swinguer ferme ! On dit cela et pourtant, on n’a pas envie de rire du tout aujourd’hui. Alors on se console comme on peut.

Bon voyage l’ami Jean-Pierre, l’ami Jef

Jean Claude

Ton camarade de Campus Meeting Jazz


CAMPUS MEETING JAZZ EN VACANCES !

Farniente

Bonne chaise longue !

Un bel été à tous !

On se retrouve le 4 septembre à 19 heures avec le sax Bull Moose Jackson

Jean Claude

« Campus Meeting Jazz is really 100% Jazz Music only ! »


CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°36 2016-2017 « MAHAVISHNU ORCHESTRA ET SON GUITARISTE FONDATEUR JOHN MCLAUGHLIN » – 26 JUIN 2017

Mahavisnu Orchestra
Mahavishnu Orchestra au Festival de Montreux


Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Mahavishnu Orchestra a été créé par le guitariste John McLaughlin dans les années 1970. Il s’agit, avant la lettre, de « jazz fusion » – plus que de « jazz rock » proprement dit – entre le jazz et le rock après des expériences comme Lifetime de Tony Williams, le batteur de Miles Davis des années 1970. Pour le premier disque du Mahavishnu Orchestra « The Inner Mounting Flame » publié en 1971, McLaughlin s’est entouré de « pointures » comme Billy Cobham à la batterie, Rick Laird à la basse électrique, Jerry Goodman au violon et surtout, le fameux Jan Hammer aux claviers. Ce disque réalise la parfaite fusion des claviers Moog, guitare et violon. En 1973 paraît le deuxième album du groupe « Birds of Fire ». McLaughlin est à l’époque un adepte, comme Santana ou Roberta Flack, de Sri Chinmoy, un penseur spiritualiste indien qui connaît un immense succès auprès de l’intelligentsia américaine des années 70.

En 1973 paraît également le premier album live du Mahavishnu Orchestra, « Between Nothingness and Eternity » enregistré à Central Park à New York. En 1974 c’est « Apocalypse » avec le London Symphony Orchestra plus Jean-Luc Ponty au violon, Narada Michael Walden à la batterie et Ralphe Amstrong à la basse. En 1975 paraît « Visions of the Emerald Beyond », un album majeur du groupe puis en 1976, c’est « Inner Worlds ». John McLaughlin poursuivra sa carrière avec « Shakti » et des musiciens français comme le contrebassiste Jean-Paul Céléa ou, le pianiste François Couturier qui a rejoint Anouar Brahem en 2001.

John McLaughlin a été et, est toujours un « phare » comme Miles Davis pour des générations de musiciens. Sa richesse vient de ses influences variées : le blues acoustique, le flamenco, le skiffle, le rock and roll, le célèbre guitariste (Campus Meeting Jazz lui a consacré une émission) : Tal Farlow, la musique indienne. Adepte du staccato, musicien d’une vélocité exceptionnelle, il est un guitariste ahurissant, notamment sur scène où l’on peut apprécier son jeu de guitare inventif et précis. Adepte de la musique indienne, il a fait confectionner un métronome qui compte les mesures impaires à 5, 7 et 11 temps, mesures spécifiques de cette musique ou, une guitare à « touche creuse » pour créer des effets de résonance des cordes comme les sitars indiens.

C’est la fin de la saison 2016-2017 de Campus Meeting Jazz

On se retrouve lundi 4 septembre à 19 heures avec un nouveau jingle et le saxophoniste Bull Moose Jackson.

Ce sera bien sûr sur 92.2

Un bel été à vous !

De bonnes vacances !

Jean Claude

« Campus Meeting Jazz is really 100% Jazz Music only ! »