CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°21 2016-2017 « LE PIANISTE EARL HINES » – 13 FEVRIER 2017

Earl Hines
Earl Hines à son piano


Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Il n’est pas exagéré de dire qu’Earl Hines fut le père de tous les pianistes de jazz, y compris les plus modernes. Jusqu’à sa mort en 1983, il parcourt toutes les scènes du monde, toujours aussi jeune, toujours aussi inventif. Kenneth « Fatha » Hines est un pianiste, chanteur et compositeur né à Duquesne en Pennsylvanie le 28 décembre 1903 et mort le 22 avril 1983 à Oakland en Californie. Il commence dans sa jeunesse par jouer du cornet puis il se découvre une véritable passion pour le piano à l’âge de neuf ans. Il commence avec son orchestre ses débuts professionnels à Pittsburgh en 1922. Il n’a que 19 ans. Il joue à Chicago avec le violoniste Vernie Robinson puis il intègre les orchestres de Sammy Stewart, Louis Armstrong en 1927 dans le second Hot Five qui aura une influence déterminante sur son jeu, de Jimmy Noone. Il grave en 1928 des faces de 78 tours mémorables avec Louis Armstrong dont le fameux « West End Blues ». Il forme par la suite un grand orchestre qu’il conserve jusqu’en 1947. Il se produit au « Grand Terrace » de Chicago, un établissement où même les serveurs étaient armés et dont l’employeur de Hines était un certain Al Capone. De futures grandes figures du jazz vont défiler dans l’orchestre : Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Bennie Green, Sarah Vaughan, Wardell Gray.

Il est au Festival de Nice en février 1948 avec Louis Armstrong et son All Stars, invité par Hugues Panassié. C’est le tout premier Festival du genre en France. A quarante-cinq ans il clame sa joie lorsqu’il contemple la Tour Eiffel ! Il participe à cette époque à différents orchestres de jazz dont celui de Jack Teagarden, avec qui il visitera l’Europe en 1957. En 1966, une grande tournée l’amène eu URSS et aux Etats-Unis. Il participe en 1968 à « la Jazz Expo de Londres ». Il se produit dans ces années soit en solo soit en quartette. En octobre 1970 il participe à la tournée annuelle organisée par George Wein, le « Newport in Paris » qui laissera de bons et mauvais souvenirs. Parmi ceux-là, l’incroyable goujaterie du public français qui hua la magnifique Anita O’Day pour mieux faire un triomphe à un Mingus pourtant en toute petite forme. Earl Hines en profitera pour enregistrer en studio en décembre de la même année de belles faces dont ce magnifique « Them there eyes » de Maceo Pinkard, enregistré en 1931 par Armstrong et en 1939 par Billie Holiday et, « Snugly but ugly » qui permet d’apprécier une magnifique ligne de basse.

On a souvent écrit qu’Earl Hines avait été le créateur du « style piano-trompette » dans l’orchestre de Louis Armstrong. Hines dit de lui-même « qu’il a commencé à jouer du piano selon la façon d’une trompette ». Il rompt très vite avec les pianistes de style « stride » tels James P. Johnson, Willie « the Lion » Smith ou Fats Waller. Alors qu’à cette époque, il a un jeu de main gauche très syncopé, il énonce parallèlement à la main droite des phrases très riches ponctuées de trémolos serrés. Ses conceptions de compositeur l’amènent à privilégier un jeu au piano inventif et fondamentalement créateur qui le font se rapprocher d’orchestres comme ceux de Count Basie ou de Jimmy Lunceford avant que n’arrive la déferlante « bebop ».

Moderne en 1928, il conservera cette même jeunesse au cours des années quatre-vingt.

A Monday Date avec Louis Armstrong et son Hot Five N.2 1928 / West End Blues avec Louis Armstrong et son Hot Five N.2 1928 / Four or Five Times avec Jimmy Noone à l’Apex Club de Chicago 1928 / Maple Leaf Rag de Scott Joplin avec le grand orchestre d’Earl Hines 1934 / Blue avec le grand orchestre d’Earl Hines 1935 / Boogie Woogie on St. Louis Blues 1960 / Willow Weep for Me 1960 / Rosetta piano solo 1960 / Black and Tan Fantasy 1966 / Muskrat Ramble 1957 / Them There Eyes 1970 / Snugly but Ugly 1970 / Almost like Being in Love 1970

La semaine prochaine « Le pianiste et chanteur Les McCann »

Jean Claude

« Campus Meeting Jazz is really 100% Jazz Music only ! »