CAMPUS MEETING JAZZ – EMISSION N°11 2017-2018 « LE DRUMMER GINGER BAKER ET LE SAXOPHONISTE ET CHANTEUR FELA KUTI » – 20 NOVEMBRE 2017

Fela KutiGinger Baker
Le saxophoniste Fela Kuti et le drummer Ginger Baker


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Fela Kuti, saxophoniste et chanteur nigerian, est né le 15 octobre 1938 à Abeokuta au Nigeria et décédé le 2 août 1997 à Lagos au Nigeria, il est né dans une famille bourgeoise. Son père, Ransome-Kuti, était pasteur et sa mère, issue de la bonne société du pays, était est une femme lettrée, militante activiste et antimilitariste. Il est considéré comme le fondateur de « l’afrobeat », ce style musical qui mélange les rythmes du jazz, du funk, les sons de la musique de l’Afrique Occidentale et les rythmes yorubas du nom d’un groupe ethnique typiquement nigerian. Très vite Fela Kuti apparaît comme un artiste engagé contre la dictature, la corruption régnant dans son pays et le pouvoir exorbitant des multinationales notamment du pétrole au Nigeria. Ses chants très longs scandés en public duraient quelquefois plus d’un quart d’heure. Ce qui n’est pas sans évoquer la chanteuse égyptiennes Oum Kalsoum quelques années auparavant. Ce mélange de jazz, de soul et de ce rythme obsédant africain, « le Ju-ju » a été la marque de fabrique de Kuti. On peut encore évoquer l’héritage chez un musicien américain de jazz, Archie Shepp qui enregistra en 1967 un album intitulé « The Magic of Ju-Ju » pour évoquer la force de l’Afrique dans la musique Free Jazz de l’époque. Fela Kuti va payer très cher son engagement antimilitariste quand sa propriété appelée « Kalakuta Republic » sera rasée après un raid militaire de l’armée et qui entraînera dramatiquement la mort de sa mère.

En 1958, parti à Londres faire des études de médecine, Fela se passionne au Trinty College of Music pour la musique et très vite, il a l’idée d’associer les rythmes nord-américains et européens aux rythmes nigerians et en particulier au style highlife très en vogue en Afrique. C’est en 1969 qu’il acquerra la fibre révolutionnaire lors d’un voyage aux Etats-Unis avec sa rencontre des Black Panthers et de Malcom X. Il décide de ne plus chanter plus en yoruba mais en « pidgin », un mélange, pour simplifier, du vocabulaire de la langue africaine locale et du vocabulaire d’origine anglaise. Ce choix est fait par Kuti pour mieux se faire comprendre du peuple nigerian. Dès lors ses combats seront incessants, il connaître la prison, la torture. Il créera son propre parti politique, le MOP, Movement Of the People. Il mourra du sida en 1997. Fela Kuti a laissé un nom dans tout le Nigeria. Chaque année, le jour de sa naissance, des événements appelés « Felebration » sont organisés dans tout le pays. La capitale Lagos a aussi financé un musée en son honneur.

Ginger Baker est né le 19 août 1939 à Lewisham, dans la région de Londres. Il est célèbre pour avoir fondé le groupe « Cream » avec ses compères, Jack Bruce et Eric Clapton en 1966; après avoir fait « ses classes » si l’on peut dire, dans le « Blues Incorparated » du guitariste et chanteur disparu en 1984, Alexis Korner et bien connu des amateurs de blues blanc anglais. En 1969 il participe à l’album événement, « Blind Faith » avec Clapton et Steve Winwood. C’est la consécration. En 1970, il crée son propre groupe de jazz rock, le « Ginger Baker’s Air Force » mais, pour ce qui nous intéresse dans cette émission, arrive la rencontre décisive de Fela Kuti en 1971. Il pratique depuis les années 1986 un style empreint de jazz fusion qui en a fait un authentique batteur de jazz.

Let’s start (Fela Kuti), Black man’s cry (Fela Kuti), Aiko Biaye (Ginger Baker), Egbe Mi O (Carry me I want to die) (Fela Kuti), Why ? (Ginger Baker), Saint Thomas (Ginger Baker)

La semaine prochaine : la chanteuse néerlandaise Rita Reys

Jean Claude

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